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Bolivie Juillet-Août 2009

Le sud Lipez et le Salar D'Uyuni du 29 Juillet au 2 Août 2009

Top départ... Un grand moment de notre tour du Monde commence... À partir de Tupiza, nous partons en 4X4 dans la région du Sud Bolivien, sans aucun doute l'un des plus beaux endroits de la terre qu'il nous ai été donné de voir... A plus de 4000 mètres d'altitude, une succession de décors naturels surréalistes va s'enchainer pendant 5 jours...

JOUR 1 : Mardi matin 8h, nous embarquons dans notre 4X4 avec toutes nos affaires emballés dans des sacs plastique pour la poussière, nous prenons directement une route qui monte à pic et qui permet d'avoir une vue sur la vallée de Tupiza, un décor de far-west avec ses canyons de roche rougeâtre érodés, qui forment des aiguilles naturelles.

  

Le premier col est déjà à 3750 mètres d'altitude...et...déjà un pépin, un 4x4 devant nous est pris dans la glace...Chacun descend pour aider à pousser et ... l'union faisant la force, tout s'arrange... nous continuons de monter. La route serpente plusieurs heures entre les montagnes avant d'arriver sur une plaine aux herbes jaunies par le soleil... Nous déjeunons ici. Notre jeune cuisinière nous arrange une salade de riz, des crudités et nous fait goûter une spécialité de Tupiza : les tamales  (un beignet de pomme de terre avec de la viande de lama séchée, des petits poids et des tomates, le tout enrobé dans une feuille de maïs)  Nous reprenons ensuite la route pendant 1 heure avant de faire une halte dans un village. Les maisons, l'église et les enceintes sont faites de terre. Un terrain de basket trône fièrement sur la place, au milieu du village désert...

 

La route continue de monter, on commence à ressentir un léger mal d'oreilles... Nous sommes maintenant à plus de 4000 mètres d'altitude, et nous suivons le cours d'une rivière quasiment asséchés dont les bords sont blanchis par un dépôt de sel. Des montagnes à parois érodées laissent apparaître les différentes strates de minéraux.

 

A 17h30, nous arrivons dans un deuxième «village» : Kollpani (3 maisons !) ...il est installé  dans une magnifique vallée isolée entourée de montagnes. Nous allons y rester pour la nuit.

Les gens ici vivent de l'élevage de lamas et de leur «potager» (C'est un vaste trou recouvert d'une bâche en plastique qui permet de créer un effet de serre et de faire évaporer l'humidité du sol. Le système est ingénieux, car dans cette région aride ultra-ensoleillée il n'y a pas besoin ainsi d'arroser ses légumes.)  Quant à l'élevage, la vente d'un lama permet de faire vivre la famille pour 1 mois.

    Un peu de viande séché traîne sur un fil à linge...

Nous dormons dans une maison sommaire mais les lits sont confortables. Par contre, et c'est normal compte-tenu de l'endroit, il n'y a pas d'eau chaude pour se laver...le matin, faute de froid, il n'y aura d'ailleurs pas d'eau du tout... Nous sommes tous fatigués par cette longue journée de route et après un bon repas, nous allons nous coucher à 21h00. Il fait froid et nous nous emmitouflons dans nos deux duvets et trois couvertures en laine tout habillés par peur du froid...les -10°C de la nuit nous donnerons raison ! Enfin nous avons comme les gens d'ici survécu à ce froid sans chauffage...un miracle !

   

JOUR 2 : le chauffeur nous réveille à 5h00, et nous partons au lever du soleil car nous avons une longue journée devant nous. La route monte de plus belle dans un décor surréaliste... Dans un virage nous sommes freinés par troupeau de lamas...pour protéger le groupe  un «macho» s'allonge sur la route...Yanis mettra plus de 10 min à le déloger !

 

Nous poursuivons notre route... Les montagnes arborent des dégradés de couleurs dignes d'une palette de peintre. La couleur de chaque strate est due aux minéraux qui la composent et qui se sont oxydés au contact de l'air et de la pluie : rouge pour le fer, vert pour le cuivre, bleu pour l'antimoine, gris pour le zinc, jaune pour le sable, etc ... Le tout dans une végétation jaunâtre brûlée par le soleil...soudain...deuxième halte non prévue...la glace craque sous le poids du 4x4 et on s'enlise...heureusement 2 autres voitures de l'agence nous suivent...avec l'entraide de tous, nous arrivons à bout du défis au bout de 20 mn

 

Nous arrivons sur un col d'où nous avons une vue sur la première lagune de notre circuit : la « Laguna Amarilla » elle doit son nom au souffre qui lui donne sa couleur jaune... A l'horizon, les montagnes culminent jusqu'a 6000 mètres. Le dépôt de sel crée un contraste saisissant avec la roche sombre.

 

Nous approchons ensuite une autre lagune par une route qui serpente sur les flancs du Volcan Uturuncu (6020m) la « Laguna Celeste », une lagune bleue, splendide. Le contraste avec le paysage qui l'entoure nous enchante...

  

La route descend enfin, pour traverser le «Salar de Chalviri », un lac de sel exploité par une petite coopérative.
Nous continuons notre route dans des paysages fantastiques. Lorsque nous arrivons dans la plaine à proximité du volcan Licancabur qui marque la frontière avec le Chili. Nous sommes entourés d'une chaîne de montagnes partiellement enneigées, certaines avec ces couleurs fabuleuses que le soleil fait ressortir...

 

Une lagune de sel au bord de laquelle jaillit une source d'eau chaude (29 °C) nous donne l'occasion d'une pose... Une petite piscine avec un mur de protection a été aménagée pour permettre aux touristes de prendre un bain malgré le froid ambiant. Nous avons beaucoup de chance, au moment où nous nous arrêtons, il fait 15° et seul trois 4x4 y font halte... Seuls 5 touristes s'y baignent. Il règne ici une atmosphère de fin du monde, on adore... Sans une hésitation nous enfilons nos maillots pour un bain relaxant dans les termes...Un vrai bonheur en plus dans un décor de rêve !!!

 

Notre route se poursuit sur une piste de sable, nous longeons d'autres montagnes colorées, ainsi qu'une zone appelée « Rocas de Dali ». Sur un champ de sable plat où alternent les nuances de rouges, d'immenses rochers noirs semblent avoir été disposés là, donnant un paysage surréaliste digne d'une peinture du maître.

 

Nous approchons ensuite le  volcan Licancabur et la fameuse « Laguna Verde » à ses pieds (à 4400 mètres d'altitude tout de même) Le guide nous explique que l'extraordinaire couleur bleue verte du lac est due à l'importante concentration de minéraux déversés par le volcan tels le souffre, l'arsenic, le calcium et le carbonate de plomb. Le sommet du volcan (5950 m) abrite une crypte Inca qui servait à faire des sacrifices. Et comme si leur dieu nous avait entendus, les nuages disparaissent au dessus de nous, et un rayon de soleil atteint la surface du lac qui devient éblouissant de beauté malgré le vent glacial qui nous entoure...

 

La fin de journée approche, le 4x4 se presse sur les pistes pour atteindre notre dernier point de chute avant le coucher du soleil... La route grimpe toujours et nous atteignons un col à 5000 mètres d'altitude d'où nous pouvons apercevoir des colonnes de fumée s'élevant du sol. Nous sommes arrivés au champ de geysers de Sol de Manana. Des cratères expulsent une vapeur sulfureuse en sifflant comme une immense cocotte-minute prête à exploser. D'autres se contentent de faire bouillonner plus ou moins rapidement une boue grise qui est parfois projeté dans l'air tel un crachat. ...nous avançons avec précaution, car toute parcelle craquelée ou humide peut causer un effondrement et des brulures fatales ! Des mares de boue bouillonnantes nous entourent d'où s'échappe des fumerolles et une odeur d'œuf pourri due aux vapeurs sulfureuses...Un spectacle lunaire hors du commun...mais le froid nous transit et nous rentrons assez vite pour nous réchauffer...

   

   

Nous avons atteint le plus haut point de notre circuit et nous descendons, vers la Laguna Colorada, à coté de laquelle se trouve notre refuge pour la nuit. Notre deuxième campement se fera à Huayllajara, un campement ce base pour plusieurs agences qui font le tour à en voir le nombre important de 4x4 stationnés... Retour à la réalité du tourisme de masse ! Nous avons été quasiment seuls pendants 2 jours, ça nous fait d'autant plus apprécier le fait de faire le circuit en sens inverse...
Le refuge est bien équipé ...Il y a même l'électricité... La chambre semble plus confortable et un petit poêle réchauffe la salle centrale dans laquelle nous ferons une partie de carte en attendant notre repas...Là encore la soirée sera courte car nous tombons de fatigue...

 

JOUR 3 : Nous avons presque droit à une grasse matinée ce matin, on ne part qu'à 8h00... Nous nous levons avec le soleil et après un petit déjeuner copieux nous commençons la journée par une marche autour de la Laguna Colorada... Son nom vient de la succession des différentes couleurs qui la compose. Le lac ne fait que 80 cm de profondeur et les flamands roses sont au rendez vous...Ils se reflètent dans l'eau rouge. Même les nuages, très bas, prennent une teinte rose, ce qui donne parfois l'illusion que le lac et le ciel se rejoigne, faisant disparaître la ligne d'horizon...

 

   

Nous longeons une immense vallée plate... Des traînées de sable qui s'accrochent au sol sont balayées par le vent, et donnent à l'endroit une atmosphère mystique. Lorsque nous arrivons au pied du fameux Arbol de Piedra, curieuse formation rocheuses en forme d'arbre, les rayons du soleil dominent et le vent est léger... Notre bonne étoile veille toujours sur nous et nous accorde depuis le début de l'expédition un soleil radieux ce qui selon les dires des guides et voyageurs est rare! Nous apprécions donc pleinement les paysages grandioses... D'autres rochers disséminés à intervalle régulier semble former les ruines d'un village, raison pour laquelle l'endroit est appelé Ruinas de Rocas.

 

 

Nous entamons à nouveau une montée jusqu'à un nouveau plateau désertique entouré de cônes volcaniques, où les traces rectilignes des 4X4 se perdent à l'horizon. Nous passons un col... La Route des joyaux commence : une succession de 5 lagunes à plus de 4500 mètres d'altitude. Les paysages époustouflants qui s'offrent alors à nos yeux se passent de commentaires.

Les photos en disent plus :

La Laguna Ramaditas...nous ne pouvons nous en approcher, le 4x4 ne semble pas pouvoir y accéder...

La Laguna Honda : Le chauffeur nous laisse en haut du promontoire et nous récupère 300 mètres plus bas, au pied de la lagune.

La Laguna Charcota, au pied du volcan Avaroa. puis  La Laguna Hedianda, magnifique avec ses flamands roses de tout côté...mais un peu trop 4x4 y sont arrêtés pour déjeuner en comparaison des autres...il y a trop de monde pour nous...le spectacle vaut tout de même le détour !

La Laguna Canapa une merveille de la nature, l'un des plus beau paysage... Nous nous y arrêtons pour déjeuner...on aurait pu rester des heures à contempler le spectacle des flamands roses et le reflet des volcans enneigés dans l'eau salée. Même les convois de 4X4 qui commencent à arriver d'Uyuni et qui déversent des dizaines de voyageurs sur les rives ne nous perturbent pas...

Nous sommes sur une autre planète, celle du bonheur...

    

La route continue le long d'autres formations rocheuses, d'origine volcanique. On dirait que des milliers de galettes ont été empilées pour former un mur. Une curieuse mousse d'altitude, toute verte, recouvre parfois la roche ocre, créant un contraste étonnant. On a l'impression d'être sur une autre planète. Des petits extraterrestre surgiraient derrière nous que ça ne me surprendrait même pas !!!

Nous approchons du volcan l'Ollagüe, un volcan actif de  5865 mètres. Depuis le champ de roche volcanique en forme de vagues, on peut apercevoir des fumerolles...

 

  

La route commence à descendre et le Salar de Chiguana apparaît au loin. Nous le traversons et en passant nous rencontrons le train en route vers le Chili...il nous apparaît minuscule dans ce paysage immense !

 

Enfin, à 18h, nous arrivons à Villa Candelaria, un petit village en bordure du Salar d'Uyuni, où nous allons passer la nuit dans une chambre un peu spéciale. Les lits sont faits en bloc de sel et une fine couche de sel recouvre le sol. Un matelas encore dans son plastique est posé sur les blocs durs. Original et très confortable !
Demain, nous allons traverser le Salar... Grand moment en perspective. Nous sommes tous impatient !

Le soir c'est dîner de fête pour conclure notre tour...Nous avons même droit à une bouteille de vin Bolivien pour accompagner notre succulent repas...Une petite troupe locale nous offre quelques chansons pour égayer le tout...une bonne soirée de clôture !

  

JOUR 4 : Nous nous levons à 5h00 pour foncer dans le Salar et y contempler le lever de soleil. Le 4X4 avance tant qu'il peut jusqu'à ce que les premiers rayons de soleil apparaissent. Nous nous arrêtons au milieu de nulle part. Devant nous, derrière nous, des kilomètres de sel à perte de vue commencent à rougir... Moment magique, sensation extraordinaire que de se sentir perdu dans cette immensité immaculée.

  

Le froid et la faim nous rappelle à la raison (Nous n'avons rien mangé avant de partir). Nous reprenons la route pour l'Isla Inca Huasi, une véritable île au milieu de cette mer de sel. De nombreux groupes y font un arrêt pour le petit-déjeuner. L'île est recouverte de milliers de cactus, dont certains âgés de plus de 1200 ans font jusqu'à 12 mètres de haut !
   

Nous grimpons au sommet pour avoir la vue panoramique. Le soleil, maintenant bien haut dans le ciel, se reflète dans les cristaux de sel et transforme le Salar d'Uyuni en une mer de lumière éblouissante. On redescend de l'autre côté de l'île jusqu'au sel pour voir les curieuses formes dessinées par les plaques de sels. Elles s'entrechoquent en se dilatant à cause de l'amplitude thermique entre le jour et la nuit.
   

Nous rejoignons tranquillement la voiture et dégustons notre petit déjeuner... Ensuite nous improvisons une séance de photos « sportives » et nous essayons aux  fameuses photos truquées grâce à des effets de perspective...

     

Après une heure de défoule photos, nous reprenons la route et nous arrêtons 15 minutes plus tard en plein Salar. Nous sommes à coté d'un trou rempli d'eau, notre guide nous explique la formation du Salar, ainsi que sa structure. En fait, la couche de sel fait une dizaine de centimètres seulement. En dessous, se trouve une eau qui cristallise et produit le sel en s'évaporant. Cette eau circule dans tout le Salar grâce à un réseau de canaux souterrains...

 Nous repartons ensuite et atteignons l'Hôtel de Sel dont la visite coûte une consommation au bar ou l'utilisation des toilettes contre 5 bols !? Malencontreusement, aujourd'hui c'est jour de course pour le propriétaire et il est partis en ville...les portes sont closes et nous ne pouvons voir que quelques pièces par la fenêtre...Tous les meubles sont fait de sel, ainsi que quelques éléments de décoration. Original, mais rien d'exceptionnel...Nous n'avons pas l'impression d'avoir manqué grand-chose !

La traversée du Salar se termine à Colchani, village qui vit de l'extraction de sel. La production de sel est estimée à 20000 tonnes annuelles, dont 18000 tonnesdestinées à la consommation humaine et le reste au bétail. Le sol est creusé à la pioche, puis le sel est rassemblé en petits tas qui sèchent au soleil. Un camion vient alors le récupérer et un deuxième séchage a lieu, sur un feu cette fois. Le sel est réduit en poudre, on y ajoute de l'iode puis il est acheminé dans toute la Bolivie.

 

Nous déjeunons avec Patricia et Michel pour la dernière fois. Nous restons à Uyuni pour aller sur San Pedro de Atacama au Chile, eux partent sur Lima...

 Uyuni est un vrai trou perdu... La ville n'a aucun intérêt. Ce n'est qu'une ville-étape pour les touristes qui réservent un tour organisé dans la région...Nous ne devions y rester que quelques heures mais l'agence qui devait s'occuper de notre transfert à la frontière a préféré revendre nos billets à d'autres...Après trois heures d'attente à l'agence pour une solution, nous décidons de tout organiser sans eux...L'agence de Tupiza (El grano de Oro) nous envoie gentiment un chauffeur resté sur place pour nous aider...Nous trouvons un hôtel et 4 places dans un 4x4 le lendemain...

JOUR 5 : à 16 h nous reprenons une piste en direction du Chili...Celle-ci est tout aussi fabuleuse que celle des jours précédents. Après avoir longé des petites dunes de sable à la sortie d'Uyuni, nous nous enfonçons dans le désert...

 

à 21h nous nous arrêtons dans un refuge pour la nuit et après une bonne soupe nous entamons une nuit courte dans nos duvets...

JOUR 6 : à 4h00 nous reprenons la route vers la frontière, nous prenons un petit déjeuner devant le volcan Licancabur avant de quitter la merveilleuse réserve Eduardo Avaroa la tête emplie de somptueux paysages gravés à jamais dans nos têtes...

 

Après notre dernière lagune en Bolivie, nous passons la frontière avec le Chili... Un petit poste de frontière perdu dans cette immensité où nous obtenons l'autorisation de sortie de Bolivie...et par miracle, quelques centaines de mètres après le poste (au chili donc) des panneaux de circulation apparaissent et bientôt une vraie route bitumée ! (on ne se souvient plus bien mais ça doit bien faite 1mois, 1mois et demie que l'on en a pas vu !!) Ensuite, on se fait une petite descente de 2000m pour arriver à San Pedro de Atacama où nous passons le poste de frontière Chilien...et hop, encore un tampon...le dernier d'Amérique latine !

 

Tupiza, 27 et 28 Juillet 2009

à Potosi, nous avons rencontrés Patricia et Michel, français, et sur leurs conseils nous changeons un peu nos plans et nous prenons le bus le lendemain de notre visite de la mine pour Tupiza... afin d'y démarrer un tour dans le Sud Lipez et le Salar d'Uyuni... (en effet, selon les dires des voyageurs et les guides nous avons de bons échos de 2 agences à Tupiza et les tours qui y partent, réalisent une journée d'expédition supplémentaire en passant par de merveilleux paysages du Sud Lipez, ce que ne font pas les agences depuis Uyuni.)

On part donc vers le sud, de 4070 mètres pour arriver à 2950m. Toute la journée, 7 heures durant, on cahote sur la piste poussiéreuse. On grimpe péniblement à 20 km/h sur une montagne, on redescend à-pic de l'autre côté, on grimpe sur la suivante, on suit une vallée avant de regrimper, on croise des tas de ponts perdus sans route d'accès ni eau dessous (!), on traverse des cours d'eau, on crève, on regrimpe, on redescend et ainsi de suite toute la journée. On dirait que ça ne va jamais s'arrêter, qu'on va escalader les montagnes éternellement. En chemin, on rencontre des troupeaux de lamas élevés pour leur laine, leur peau, leur viande et des vigognes sauvages très jolies. Elles ressemblent fort aux guanacos de Patagonie, sauvages eux aussi, marron et crème avec un peu la même tête. Le quatrième du même style, c'est l'alpaga, plus petit et plus de laine,un peu la coupe rasta, mais il n'y en a pas ici. On fait tout ce voyage avec Patricia et Michel fort sympathiques...On discute...on passe le temps...

 

Après une journée de bus, nous arrivons finalement à Tupiza... En arrière plan se détache une chaîne de montagnes rouge qui donne un  cadre spectaculaire à la ville ... Nichée dans une vallée, elle est entourée de paysages colorés et déchiquetés aux pentes parsemées de cactus...  Tupiza est surtout connu parce que c'est là que Butch Cassidy et Sundance Kid sont venus commettre leur dernier forfait, après avoir fuit les Etats-Unis et ils en ont profités pour se faire tuer par la police locale...On espère que l'on passera par ici sans que quelqu'un nous fasse la peau !

Installation à l'hôtel, petite balade de repérage, puis «cena» dans un petit resto du coin...nous terminons dans la fête foraine qui se tient dans une rue adjacente en ce Dimanche soir...

La ville nous apparait paisible et appelle au repos...nous nous accordons donc une journée de détente à Tupiza pour prendre des forces avant de partir... Tupiza est une petite ville charmante, à l'atmosphère tranquille, et au climat agréable. Grand soleil dehors, 25°C, comme c'est agréable ! On bouquine au bord de la piscine, on joue aux cartes, on bulle...et on s'inscrit pour le lendemain à l'agence « El grano de Oro ». On partira avec Patricia et Michel pour 4 jours à découvrir le sud Lipez et le Salar

    

Potosi, 26 et 27 juillet 2009

Après le soleil direction Potosi, dans les entrailles de la Pachamama

Cette ville coloniale sera l'occasion pour nous de connaître l'enfer du travail dans les mines ...

La ville de Potosi est l'une des villes les plus hautes du monde : 4070 m. Elle a été créée en 1545 par les Espagnols au pied du Cerro Rico (littéralement : « riche colline ») une montagne de minerai d'argent qui domine la ville de ses 4824 mètres, où un gisement d'argent avait été découvert. L'exploitation de ces mines a transformé la montagne en véritable gruyère usant jusqu'à la mort des millions de mineurs...

   Les taches grises sur la photo correspondent aux rebus des mines

Pour un temps, cette ville a été le pôle économique de l'Amérique du Nouveau-Monde, amenant richesse et prospérité au royaume d'Espagne. On continue encore à creuser la montagne dans des conditions qui ont peu évolué depuis. L'attraction principale de la ville est la visite de ces mines. Il ne s'agit pas d'un musée créé pour les touristes, mais bien d'une véritable mine vivante qu'il est possible de visiter à ses risques et périls. De nombreuses agences proposent un tour dans la mine, nous avons longuement hésité pour notre sécurité puis finalement avons opté pour une petite visite, un tour beaucoup moins long et dangereux que ceux habituellement proposés.

Equipés de la tenue du parfait petit mineur, nous partons donc dans la montagne sans trop savoir ce qui nous attend.

 

Avant d'entrer dans ces mines de l'enfer, nous sommes passés au Marché des Mineurs, petite rue parsemée de petites boutiques vendant tout ce dont le mineur pourrait avoir besoin. Nous optons pour un sac plastique contenant diverses choses : quelques feuilles de coca, des cigarettes, une petite bouteille d'alcool, un bâton de dynamite et une mèche...Oui, tout ça librement, dans la rue. On aurait pu tout faire exploser, mais on a préféré offrir ce sac au mineur. La dynamite leur est nécessaire pour avancer plus rapidement dans leur quête. Elle est très chère pour eux, ils apprécient donc qu'on leur en offre.

 

Près de 10 000 mineurs travaillent chaque jour dans ce gruyère aux 5000 entrées et plus de 20 000 tunnels. Nous sommes rentrés par l'une d'entre elles, dans le dédale de galeries obscures et suintantes, nous suivons notre guide (claustrophobes s'abstenir !) Nous devons régulièrement laisser la voie libre pour les chariots poussés de toutes leurs forces par les mineurs...

 

A la lueur de nos lampes, nous cheminons dans des allées glissantes de boue. Nous atteignons alors une cuvette où des mineurs creusent des trous pour y enfoncer des bâtons de dynamite. Le mineur que nous rencontrons a 50 ans. Peu de mineurs ont la chance d'atteindre cet âge. (C'est sûrement parce qu'il a commencé tard le travail de mineur : à 20 ans !!) L'espérance de vie des autres mineurs est de seulement 45 ans dû à la respiration de la poussière et celle-ci descend à 35 années s'ils travaillent en présence de l'arsenic se dégageant des roches. Les mineurs travaillent jusqu'à leur mort. Il existe bien une retraite, mais personne n'atteint l'âge nécessaire pour y avoir le droit... L'âge minimum légal pour y travailler est de 15 ans. Mais bien souvent les jeunes commencent à apprendre le métier avant, durant les vacances ils viennent aider leur père...

Le mineur que nous avons croisé en train de frapper avec un maillet sur un pieu afin de casser la roche et y poser un bâton de dynamite... A pour objectif de trouver du minerai de valeur, idéalement de l'argent qui sera achetée par des sociétés étrangères spécialisées dans l'export de cette matière. Il lui faudra remonter près de 50 kg de roche de qualité pour espérer un salaire de quelques 40 Bolivianos par jour (~ 4 €)...

 

La montagne appartient à l'État et les mineurs doivent payer une redevance afin d'être autorisés à exploiter ses richesses... enfin, ce qu'il en reste car elle a bien fait la richesse de l'Espagne, mais elle est déclarée épuisée depuis un moment maintenant. Certains se sont regroupés en petites coopératives, mais ils sont très autonomes dans le travail quotidien, chaque mineur exploite un endroit qui lui est réservé. Généralement, un père embauche son fils dès qu'il a l'âge légal. Ce métier se transmet de génération en génération, quel héritage !

Pour supporter les conditions de travail très dures, ils mastiquent  à longueur de journée jusqu'à 30 g de feuilles de coca (coupe-faim, sensation de fatigue diminuée, temps qui passe plus vite) et, comme beaucoup de Boliviens miséreux, ils boivent de "l'alcool potable à 96 °".  Etant payé au rendement et n'étant pas couvert par une sécurité sociale, lorsqu'un mineur est malade,  il ne touche pas de salaire. Après 25 ans de dur labeur, les mineurs, dont certains ont commencé à travailler à 15 ans, sont inévitablement victimes de la silicose et décèdent prématurément ... A leur mort, leur veuve dépourvue, élevant jusqu'ici leurs enfants, est souvent obligée d'aller travailler à son tour à la mine.

 

Nous ne nous attarderons guère dans cette obscurité, où le bruit, la chaleur et la poussière (le quotidien pour ces hommes) rendent l'atmosphère insupportable... après 2h dans cette ambiance très dure nous décampons...

 

Afin de les aider dans leur labeur, les mineurs honorent plusieurs dieux. Amérique latine oblige, ils croient en Jésus et une croix est ainsi placée dans chaque tunnel, près de la sortie de la mine. Ils vont également à la messe, mais paradoxalement, ils croient aux divinités indigènes vivant dans les entrailles de la montagne: el Tio, le démon créateur des minéraux ainsi qu'à la Pacha Mama (la Terre Mère). Dans chaque mine, on trouve à l'entrée  une petite chapelle avec une représentation del Tio sous forme de statut de terre qu'ils vont chaque jour prier et qu'ils craignent. Ils lui font des offrandes chaque vendredi afin de ne pas attirer sa colère qui pourrait leur être fatale. Ils honorent El Tio  qui règne  sur les roches qu'ils dynamitent en lui offrant des feuilles de coca, des cigarettes et de l'alcool. Chaque année fin Juin et début Aout ils sacrifient un lama pour apaiser le Tio. (d'où le sang derrière la statue qui est dispersé dans toute la chapelle !!)

 

On dit que la quantité d'argent extraite des mines de Potosi suffirait à construire un pont au-dessus de l'Atlantique pour relier Potosì à la péninsule ibérique, mais que les ossements de mineurs morts dans des accidents y suffiraient également. Près de 8 millions d'Indiens et d'esclaves y ont trouvé la mort depuis le début de son exploitation.


Ce fût une visite éprouvante où les conditions de travail harassantes nous ont interpellées...on se croirait en France au temps de Germinal !! On en ressort bousculé. Si vous avez l'occasion de le voir, c'est très touchant et montre en détail le travail inhumain que ces hommes réalisent 12 heures par jours, 6 jours sur 7. Les conditions de travail sont extrêmement mauvaises, il fait jusqu'à 40°C, l'atmosphère y est souvent irrespirable avec la poussière en suspension et les accidents sont très fréquents (au moins un par semaine, parmi eux la moitié sont fatals chaque mois. Cela peut être une explosion mal gérée de dynamite, un éboulement ou toute autre cause survenant brutalement.)

Imaginer que certains mineurs n'ont pas fait autre chose que de taper sur un pieu ces 20 ou 30 dernières années, pendant de longues journées, sans avoir eu l'occasion de faire autre chose de leur vie... c'est une notion qui nous dépasse ! Nous sommes contents de retrouver la lumière du soleil... Et sommes bouleversés par cette activité que l'on imaginait ne plus être qu'un thème de roman historique !!...Une de ces expériences qui vous fait relativiser tout ces petits tracas de la vie quotidienne française...

De retour en ville, après un « almerzo » dans une gargote populaire, nous arpentons les rues, essoufflés par l'altitude mais heureux de nous réchauffer au soleil...Quelle chance nous avons d'être nés sous une bonne étoile !

 

A l'époque coloniale, une partie de l'argent extrait du Cerro Rico était utilisée pour frapper la monnaie espagnole ayant cours dans toute l'Amérique Latine et en Espagne. C'est dans la Casa Real de la Moneda  que les pièces étaient fabriquées...Maintenant, l'Etat bolivien sous-traite la fabrication des pièces et des billets (au Canada et en France).

Sucre, 24 et 25 juillet 2009

Ensuite...direction Sucre au sud...La capitale administrative de la Bolivie est une jolie ville coloniale, surnommée "la ville blanche", comme sa cousine péruvienne Arequipa.

A notre arrivée dans la ville, les toits en tuiles et les murs blancs nous rappellent l'Espagne. Cette impression est renforcée par une pauvreté beaucoup moins apparente qu'ailleurs. La ville abrite un nombre impressionnant d'églises et quelques couvents. Nous apprécions entre autres le couvent de la Recoleta et l'église de la Merced. Sucre a gardé le charme d'une ville coloniale. Les bâtiments sont bas et, pour la plupart, peints en blanc. Les balcons sculptés décorent les façades, la ville est très agréable et nous décidons de flâner au gré des rues sans but précis...Siège du secteur judiciaire du pays, Sucre n'a de capitale que son nom marqué dans la constitution du pays. Depuis plus d'un siècle, La Paz accueille les secteurs législatif et exécutif, ainsi que la domiciliation du président. Mais Sucre, les habitants sont formels, est la capitale de la Bolivie ! Jeux de rivalités donc, qui est expliqué en détail à la «Casa de la Libertad » ancien bâtiment jésuite, qui a accueilli les premières assemblées Boliviennes. Sucre fût en effet la première ville de l'indépendance de la Bolivie.

Nous visiterons un petit musée qui offre une belle collection de masques traditionnels boliviens. Sucre possède également de beaux parcs, comme le parc Bolivar avec sa petite tour métallique style tour Eiffel, en bien plus petite, et ses nombreux jeux pour enfants où les filles se sont bien défoulées...nous assisterons également à un « show des fontaines » en musique très agréable...

    

La paz du 21 au 23 juillet 2009

Après le lac direction la capitale...mais au fait La paz... capitale ou pas capitale ???

A peine arrivé à La Paz, on se sent bien plus dans une capitale que lorsque l'on arrive dans la ville de Sucre, sa sœur rivale... Siège du gouvernement bolivien depuis plus d'un siècle, la ville avec ses immeubles, ses grosses entreprises, son développement urbain important, s'impose en ville Capitale de la Bolivie. Pourtant, la constitution est formelle, même si les secteurs exécutifs et législatifs du pays se trouvent à La Paz, la capitale de la Bolivie est Sucre ! Alors pourquoi nos livres de géographie occidentaux sont-ils erronés ? Peut être simplement parce que La Paz est tout de même la Capitale économique du pays. Le titre de "Capitale la plus haute du monde" est donc presque vrai !

Nous avons ainsi passé 3 jours dans cette ville, pour s'imprégner de l'ambiance grande ville à la Bolivienne, découvrant quelques petits musées et marchés ... L'altitude faisant (3660m) les températures de La Paz sont fraiches toute l'année, voire glaciales la nuit ! Heureusement que le soleil est très présent en cet hiver austral. Les 20°C le jour, se transforment volontiers en -5 à -10°C la nuit. (Cette fois-ci, nous avons donc fait le choix d'un hôtel avec beaucoup de couvertures en laine, puisque depuis le Chili les chauffages font défaut !!! ça semble surréaliste, pour nous européens, d'avoir des températures si basses et aucun mode de chauffage mais c'est  pourtant le quotidien de la majorité des sud américains...)

Parmi les nombreux musées de la ville, deux nous ont vraiment plus : le musée de la Coca et le musée de la musique.

Le musée de la Coca nous explique l'utilisation des feuilles de Coca de façon traditionnelle, les effets de la Coca sur l'organisme, l'extraction de la cocaïne, l'utilisation de la cocaïne dans les anesthésiants modernes, et la création du Coca-Cola et autres boissons « cocaïnées ». Le Coca-Cola fut « décocaïné » avant d'être décaféiné puis désucré... ça n'a plus rien à voir avec le Coca-Cola du début du XXe siècle ! Un petit musée très intéressant, avec une traduction de l'exposition en français qui permet de ne pas passer à côté des détails...

Le musée de la musique, quant à lui, nous présente une collection d'instruments traditionnels ainsi qu'une collection de "trouvailles" et inventions rigolotes, comme la guitare à 5 manches. De nombreux instruments sont à la disposition des visiteurs, qui peuvent essayer d'en jouer, un petit havre sonore qui enchante les filles qui s'en donne à cœur joie !!!

       

Copacabana, 19 et 20 juillet 2009

Arrivée en Bolivie par Copacabana...

Après Puno, nous passons du côté Bolivien du Lac Titicaca... Nous arrivons tôt le matin a Copacabana après avoir passé tant bien que mal la frontière (pas très organisé tout ça...un, deux puis trois bureau et à chaque fois un formulaire à remplir ! Mais dans l'ensemble une frontière assez facile à franchir...) 

   

Copacabana (non...pas la fameuse plage du Brésil mais une ville au bord du lac Titicaca) est une petite ville très touristique où semble avoir échoué quelques « babas » des temps modernes !?

Après avoir posé nos sacs dans un hôtel sans prétention, notre première balade dans la ville passe par la cathédrale blanche de style mauresque. Elle fut édifiée en 1550 et reconstruite entre 1610 et 1651. Elle héberge la fameuse sculpture de la Virgen Morena (Vierge noire) taillée en 1580 et vénérée dans tout le continent sud-américain, cette icône est un emblèmes du métissage religieux entre l'Occident chrétien et les croyances des Andes...Les fidèles viennent à Copacabana pour faire bénir toutes sortes d'objets mais surtout leurs voitures, décorées de guirlandes de fleurs et de rubans colorés pour l'occasion. Deux fois par jour, à 10h et 14 h, un prêtre bénit les véhicules à moteur en les aspergeant d'eau bénite ! Toute la famille est présente, dans son plus bel habit, afin d'assister à cette cérémonie religieuse. Cette célébration n'est pas gratuite, le prêtre contrôle le ticket juste avant la bénédiction : imaginez un prêtre en France, déchirer un ticket juste avant de prononcer le baptême d'un enfant !??

De la cathédrale une étroite rue « à touristes » remplie d'hôtels, de restaurants, de bars et de boutiques à souvenirs, nous emmène au bord du lac...Sur la plage, l'ambiance est très estivale, surtout en cette fin de semaine, où les locaux viennent pique-niquer et jouer au baby foot installés sur la digue. De nombreux pédalos de différentes formes occupent les premiers rangs sur le sable et colorent le décor...

   

Le lendemain, direction l'Isla del Sol, l'île du Soleil, c'est la plus grande île du lac Titicaca. A l'époque des Inca, cette île était un sanctuaire où ils vénéraient Inti, le Dieu Soleil. D'après les anciennes légendes, c'est ici qu'est né le Soleil et qu'est apparu le premier empereur Inca.

Après 2 heures de bateau, nous arrivons sur l'île pour découvrir les ruines de Chicana dans un environnement ensoleillé et minéral. On oublie que nous sommes à 3800 m d'altitude et un parfum de méditerranée se dégage de cette île. Ensuite, nous visitons rapidement les sites du sud de l'île : l'escalier Inca et les ruines de Pilko Kaina...

L'Isla del Sol est une île d'environ dix kilomètres de long sur cinq de large. Elle possède un relief accidenté avec une multitude de terrasses aménagées pour l'agriculture par les anciens amérindiens. La plus grande partie de l'île est peuplée d'Indien d'origine Quechua et Aymara. Le village principal, Yumani, est situé au sud de l'île. On y trouve de nombreux petits hôtels basiques et restaurants répartis sur le flanc de la montagne. Il s'agit d'un village en pente où l'eau est acheminée par des ânes qui portent des bidons remplis d'eau du lac.

 

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