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Guayasamín

Oswaldo Guayasamín est un grand artiste équatorien. Il est né à Quito le 6 juillet 1919, d'un père amérindien et d'une mère métisse. Sa vocation artistique apparait très tôt, très jeune il vent déjà ses peintures sur les places de Quito. Bien que sa famille soit très modeste et que son père s'oppose à ses études à l'école des beaux arts, il y entre en 1932. Son ami Manjarrès meurt lors d'une manifestation d'ouvriers (connu sous le nom de la "Guerra de los Cuatros Dias"). A partir de ce jour là, il verra l'homme et la société dans laquelle il vie de manière plus obscure. Il organise sa première exposition à l'âge de 23 ans, en 1942 dans sa ville natale et de nombreux de ses cadres son achetés par Nelson Rockfeller.

 Nelson Rockfeller restera un de ses mécènes les plus important. Cette même année il voyagera aux Etats-Unis et au Mexique. Il fera la connaissance du muraliste Orozco, et deviendra un de ses disciples. Ses premières peintures figuratives traitent de thèmes sociaux. Il reçoit dans sa jeunesse de nombreux de prix nationaux. En 1948, il remporte le premier prix du Salon National (équatorien) des Aquarellistes et Dessinateurs. En 1955, à l'âge de 36 ans, il gagne le premier prix au troisième biennal d'Art Hispano-américain de Barcelone pour son œuvre El ataud blanco. Il voyage à travers de nombreux pays d'Amérique du Sud, ce qui lui permet de dénoncer la situation déplorable de la population indigène. En 1957 il est déclaré meilleur peintre sud-américain lors de la quatrième biennale de São Paulo. En 1992 il reçoit le prix Eugenio Espejo, le plus grand prix donné par le gouvernement d'Equateur. Il inaugura personnellement ses dernières expositions au palais du luxembourg  à Paris ainsi qu'au palais des glaces de Buenos Aires en 1995. A l'âge de 79 ans, il commence la dernière et plus poussée de ses œuvres "La Capilla del Hombre", nombreux sont ceux qui la considère comme son œuvre maitresse. Il y travaillera jusqu'à la fin. Il meurt le 10 mars 1999, ce jour fut marqué par une grève générale menée par les Indiens et autres secteurs de la société, il fut ressenti comme une immense perte en Équateur.

"La Capilla del Hombre" :

       

Son œuvre évoque la force, l'oppression, le racisme, la pauvreté et les inégalités qui frappent l'Amérique du Sud. Elle se compose de peintures sur cadres, peintures murales, sculptures et monuments.

Ces peintures murales et grand format reflète l'influence des muralistes (muralisme) mexicains en particulier celle de José Clemente Orozco, on y retrouve aussi celle de Picasso. On retrouve certaines de ses peintures murales à Quito (Au palais du gouvernement, à l'université centrale et au Conseil de la province), à Madrid (Aéroport Barajas), à Paris au siège de l'UNESCO, à Sao Paolo au parlement latino-américain.

Dans ses peintures il joue sur les couleurs, les différentes luminosités, les ombres, les reliefs et les formes simplifiées. Il utilise de très grands formats. La thématique de ses peintures est presque toujours sociale. Il travaille beaucoup le portrait, il en exécutera plus de 13 000 tout au long de sa carrière.

Son œuvre est divisée en trois grandes moitiés:

  • « La Edad de Ira » (L'âge de la colère) c'est un ensemble de 150 tableaux exécutés sur une trentaine d'années, entre 1961 et 1990. Cette période montre l'angoisse et la douleur des indigènes des Andes. Guayasamín travaille beaucoup par série, il travaillera la série des mains pendant "l'age de la colère".
  • "La Edad de la Ternura" (l'âge de la tendresse) durant la quelle il travaillera sur le lien maternelle, la mère, la femme source de réconfort dans les épreuves et source de courage de part sa résistance à l'humiliation.
  • "La Edad de la Esperanza" (l'âge de l'espérance) commencera vers la fin de sa vie.

Plus tard il réalisera la série "Huacayñán" et les fresques de l'Université Centrale d'équateur. L'œuvre du peintre avance en parallèle avec ses expériences de vie.

Un artiste en quête d'identité :

Dans sa peinture et ses sculptures, on retrouve souvent un hommage à l'histoire de son pays et à sa splendeur. Fils d'un père amérindien et d'une mère métisse, il est très fier de ses origines, son art s'est nourri de ses racines profondes.

Guayasamín voyagea a travers toute l'Amérique du Sud, pour apprendre à mieux connaître son histoire et ses habitants, les amérindiens. Ce fut un grand collectionneur et cela ce voit dans ses tableaux où l'on retrouve le style indigène.

Il fit construire un musée à Quito en partie pour aider à la recherche archéologique et la sauvegarde des œuvres indiennes. On y trouve des objets archéologiques de l'époque précolombienne et une impressionnante collection de crucifix. Cette collection d'art colonial de l'artiste est surtout constituée d'œuvres de l'école de Quito, ainsi que de quelques travaux de l'école de Cusco. Le style Cuzquenien, assez naïf, se caractérise par l'intégration d'éléments symboliques indigènes dans des tableaux religieux chrétiens. Quant au style Quitenien, il est plus "européen" et contient néanmoins plusieurs détails typiquement Andins (comme les joues roses des enfants Jésus - à cause de l'altitude -). Il y a de nombreux Christs crucifiés (École de Quito), aux corps complètement meurtris, mais aux visages extrêmement doux. Cette collection reflète la quête identitaire de Guayasamín et les nombreuses recherches de style qu'il a mené au cours de sa vie

       

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